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"Adalbert Stifter incarne l'esprit
autrichien dans ce qu'il a de plus large et de plus exquis. Ce n'est pas un
romancier provincial, quoiqu'il reste attaché aux mœurs, au langage, aux
goûts de la province; plus campagnard que citadin, il adore Vienne, mais il
retourne périodiquement vers les montagnes, non plus les collines du
Wienerwald, mais les monts de Bohème où s'épanouit son lyrisme puissant,
intime, délicat. Même s'il n'avait pas écrit les livres qui l'ont rendu
célèbre, des romans de mœurs, des poèmes inspirés par la forêt, il aurait
mérité d'être illustre par ses peintures; celles-ci révèlent, comme ses
œuvres littéraires, une sensibilité très fine, très aiguë, en intime accord
avec la nature, une faculté de communier avec l'humble réalité quotidienne;
qui ferait de lui presque un naturaliste s'il n'était inspiré principalement
par cette grandeur épique que recèle, pour lui, tout le réel."
Marcel Brion |
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Königssee mit dem Watzmann
Bibliographie : Fritz Novotny, Adalbert
Stifter als Maler, Verlag Anton Schroll & Co., Wien, 1941.
Lire aussi l'étude de Dominique
Pagnier, Stifter sidéré, postface de l'édition française du Condor,
Séquences, 1994.
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