 Un moment de pur
bonheur
D’abord
la musique. Les cinq musiciens qui l’accompagnent (piano, saxophone et
flûte traversière, contrebasse, batterie et guitare) ont du talent et
plaisent tout de suite. On accordera une mention spéciale à Matthias
Alexandre au piano et surtout à Salvadore Poe, à la guitare. Ce
dernier apparaît effectivement un guitariste de grande classe, qui sait
tirer profit en professionnel et avec beaucoup d'intuition de toute la
richesse vocale de Lisa. On pense à ce duo très simple, intimiste,
qu’ils offrent à deux, assis au bord de la scène
.
Ensuite
la voix, tout en nuances. Tantôt limpide, tantôt généreuse,
toujours juvénile, avec des accents parfois admirables. Et quand elle
rivalise avec le saxophone, c’est un autre moment de pur bonheur !
Enfin,
Lisa elle-même, présente et distante à la fois, toute de retenue et
chaleureuse cependant.
Elle
sourit, elle est naturelle, elle accompagne les paroles d’un geste très
simple de la main gauche, qu’elle élève à la hauteur de son visage. Elle chante les yeux clos ou mi-clos, et puis grands-ouverts
tout à coup pour souligner une phrase, traduire une émotion. Elle est
jeune, et chacun de ses mouvements traduit cette juvénilité que l’on
aime tant dans sa voix. Elle est sans affectation aussi - elle garde à
la main une bouteille d’eau minérale, elle glisse un mot, un sourire
à Salvadore Poe, elle s’accroupit sur la scène le temps de laisser
les musiciens à leurs improvisations - et pourtant c’est une
remarquable artiste.
Car
ce qui séduit chez Lisa, c'est son art autant que sa voix et autant que
son charme.
Sur mon billet d’entrée elle a dessiné un soleil. C’est bien
cela, Lisa. Ce qu’elle est vraiment : un soleil de minuit,
hyperboréen, avec la grâce et la voix des anges.
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